MACAIGNE: LES ORIGINES DU PATRONYME
Mise à jour du 28/06/2011
| Cette page relate le dernier
état de mes connaissances sur ce sujet appuyé par des documents qui sont peu
à peu mis en ligne par des organismes comme la BNF, Google ou les archives
départementales. Un forum a été ouvert sur ce sujet ; il relate les différentes hypothèses qui ont été faites précédemment. J'invite toute personne intéressée par le sujet et ayant des informations complémentaires à ce qui suit, à y déposer ses remarques et trouvailles. Ainsi pourront progresser nos connaissances. Accéder au forum:
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La signification du terme "MACAIGNE" Un nom commun avant de devenir un nom propre: Comme chacun le sait, sans s'étendre sur leurs constitutions qui remontent aux alentours du 12ème siècle, beaucoup de patronymes ont été constitués par adjonction au prénom d'un qualificatif décrivant l'individu ( Leblanc, Leblond, Leroux, Legros, Legrand, Petit... ou donnant sa provenance (Deschamps, Dubois, Dupuis, Delaville, Deparis, Delisle, Demagny ...). Pour macaigne, cela ne semblait pas évident. Je fais une première découverte dans un dictionnaire de Gallo (langue bretonne d'origine latine) : les vocables "macagne" et "macaigne" signifient pour le premier "terre aride, difficile à travailler" et pour le second "individu au caractère difficile"; on remarquera l'éventuelle relation entre ces 2 signfications. Malheureusement, je n'ai aucun texte dans cette langue contenant le mot et encore moins une date pour son apparition. Une piste peut-être: en latin "Macer" signifie aussi "terre aride" ce qui en passant s'accorde également avec les caractéristiques de certains territoires breton, mais pas seulement. Si on ne regarde que la partie finale (_aigne ou aingne) on trouve une signification identique dans presque tous les dialectes régionaux : "chienne" Ce terme (féminin ?) est à prendre dans un sens péjoratif et sans doute comme une insulte ou au moins comme qualificatifs signifiant hargneux (se), mauvais (se) voir le dictionnaire étymologique: http://www.cnrtl.fr/etymologie/cagne Je fais une seconde découverte en creusant cette piste; bizarrement, cela rejoint une possible racine germanique "Macht" signifiant : " dur, fort, puissant" . On en trouve une explication dans le un livre de A de Chevallet datant du 19è siècle "ORIGINE ET FORMATION DE LA LANGUE FRANCAISE"
Dans l'étude publiée en 1951 par Östen Södergård concernant cette même "Chronique des Ducs de Normandie" de Benoit Une explication un peu différente est donnée par l'auteur: macaigne, de m«cnin=«rusé». D'après L. Constans, Rom. de Troie, VI, p. 178, ce mot ne se rencontrerait que dans la Chronique des Ducs de Normandie et le Roman. de Troie. CONCLUSION: Il semble donc que le patronyme MACAIGNE a pour origine le trait de caractère d'un personnage (homme ou femme) mais que contrairement à d'autres il ait été très peu donné (peut-être une seule descendance parvenue à nos jours )
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Les plus anciennes occurrences trouvées à ce jour pour ce patronyme La plus ancienne occurrence trouvée à ce jour: André Macaigne: décédé et semble-t-il inhumé avant 1222 à Charbonnières village de l'Eure et Loire au confins du Perche sur le fief de Robert de Capella; Robert Mercator et son épouse Agnès négocient avec les religieuses de Vezinis (Voisins) le repos de son âme. Les deux Robert mentionnés sont d'origine anglo-normande et leur généalogie se retrouve sur la cote sud de l'Angleterre. L'acte en latin est enregistré par Philippe de Jouy évêque d'Orléans. [voir le texte et la traduction] Marie Macaigne: veuve de Pierre Aymer (ou Aymar) membre du parlement de Poitiers. En 1418-1419 cette personne entame un procés contre les religieux de l'Abbaye de Charroux. Relaté dans le rôle des inscriptions des procès devant ledit parlement: [voir un extrait]
Puis je retrouve présent dans la même région en frontière nord de la France et sur la même période deux personnages portant ce nom : Jehan Macaigne: seigneur de Vauchelles , d' Apilly et de Muirancourt [document], possesseur du fief "d'Offémont". Il fut maire de Noyon de 1458 à 1459 Il avait le titre d'Ecuyer sur certain actes.
Le Comité Archéologique de Noyon évoque ce personnage lors de l'une de ses réunions en 1906 et fournit des extraits de documents en date du 6 mai 1472 sur les reliefs du-dit fief [voir un extrait de ces comptes-rendus] Ce personnage est également cité dans le "NOUVEAU DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE ET CRITIQUE DES ARCHITECTES FRANCAIS" de Charles Bauchal paru en 1887 à propos des travaux de fortification de la ville de Noyon commandé par Louis XI. Dans l'ouvrage: " Inventaire-Sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 de l'Oise" paru en 1878 il est alors mentionné comme Bailli de Vermandois ce qui semble faire le lien géographique avec les lignées de Fresnoy le Gd dans l'Aisne. Le Baillage de Vermandois couvrait une très vaste région située au nord de l'Ile de France pouvant correspondre approximativement à la Picardie actuelle mais dont l'extension variait selon les époques et les occupations étrangères (anglaises ou espagnoles , entre autres). Son épouse Marie MASSOULE avait créé une fondation [document] (un maire de Noyon du nom de Pierre de MASSOULE avait déjà été nommé en 1428
Mathieu Macaigne: seigneur de Vassens possesseur d'un fief "Macaigne" dit "Vaquin" en 1479 à Vassens (Aisne) Le "Dictionnaire historique généalogique et géographique du département de l'Aisne" de Melleville publié en 1857 retrace la succession des Seigneurs de Vassens Egalement, possesseur du fief CORNUEL ou "Champ Cornu" en 1481 (fief situé sur Ribécourt (60) et faisant partie de cet seigneurie depuis au moins 1341) [document] "Comptes rendus et mémoires lus aux
séances - Comité archéologique de Noyon - 1874 (5)
Benoîte Macaigne: Epouse de Thibault de Landreville Habitants probables de la ville de Noyon avant l'an 1500 [document] p262 de la numérisation
Plus proche de la période étudiée (17-18ème siècle) dans le nord de l'Aisne, deux personnages rencontrés: un curé porte ce nom dans le Duché de Brabant, sur le territoire de l'actuelle Belgique et une veuve "Macaigne" fait un contrat de mariage à Ribemont (02) en 1615. Pierre Macaigne: Seigneur de Maranwez village des Ardennes limitrophe du département de l'Aisne avant 1615. Ce personnage est mentionné dans les mémoires de la société Académique de Saint Quentin (Registre d'insinuations du baillage de Ribemont dans le contrat de remariage du 27 juin 1615 de sa veuve Anne GOBINET [Voir un extrait du livre]
Dominique Macaigne: Curé de Grimde en 1629; cette bourgade est située près de Tirlemont entre Liège et Louvain. Ce personnage est évoqué dans "L'histoire de la ville et des institutions de Tirlemont" tome II , écrit par P.V BETS Vicaire de Saint-Jacques à Louvain paru en 1861. [Voir un extrait du livre]
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Les pistes à suivre Marie Macaigne , épouse d'un parlementaire qui a fait parlé de lui. Il devrait être possible de retrouver son origine (acte de mariage ?) à noter que l'on retrouve dans l'environnement familiale de son mari une Dame dite de Sint-Quintin ; peut-être existe-il un lien entre les deux régions qui nous intéressent. Les deux personnages identifiés ensuite se situent sur les mêmes années dans le périmètre géographique de Noyon; il est probable qu'ils fassent partis de la même famille. Ils font aussi parti des puissants de leur époque en tant que seigneur. C'est un gros avantage pour les généalogistes car ils ont probablement laissés de nombreux documents écrits (actes notariés, terriers, édits, chartes...) . Ces lieux étant cependant à cheval sur deux départements (Oise et Aisne) les documents sont probablement répartis (au minimum) entre les Archives Départementales de ces deux départements. Un autre problème reste également à résoudre: le patronyme n'a pas perduré dans le secteur de Noyon (pas de familles recensées au 19ème siècle) mais on trouve une forte implantation du nom sur le nord de l'Aisne remontant au moins au début du 17ème siècle. Il y avait au moins une dépendance directe à cette époque entre l'évêché de Noyon et les communautés religieuses de Vermand. Y a-t-il eu une migration de quelques membres de cette famille vers cette région ou s'agit-il de souches complètement distinctes ? :Le titre de "Bailli de Vermandois" de Jehan Macaigne maire de Noyon semble établir le lien entre ces deux secteurs géographiques et le fait que l'on trouve beaucoup d'individus dans le Vermandois peut faire pencher pour une migration de certains dans le Noyonnais auxquels des charges avaient été octroyées par le pouvoir royal: des documents devraient relater ces actes. Je note aussi qu'un certain nombre de "Macaigne" de Fresnoy-le-Gd avaient au 17è siècle des fonctions administratives liés au pouvoir comme Lieutenant de Justice, Greffier, et savaient écrire (le plus ancien trouvé Nicolas MACAIGNE vers 1650). La quasi totalité (difficile d'être complètement exhaustif) des "Macaigne" que j'ai identifié quelque soit leur région d'implantation actuelle viennent de deux zones géographiques proches(20 km): Fresnoy-le-Grand dans le nord de l'Aisne et le Secteur de Wassigny, Mazinghien, Saint-Souplet, en limite du département du Nord. Aucune relation n'a pu être établie à ce jour entre ces deux groupes familiaux qui, si elle a existé se situe avant les années 1600 et nous laisse de ce fait que peu de documents écrits. Il est probable qu'il s'agit de deux branches appartenant à une même famille, peut-être séparée par la frontière entre Flandre et Royaume de France, objet de fréquentes guerres (Anglais, Bourguignons, Espagnols...) A noter une Marguerite MACAIGNE fille de Jean se marie à Paris en 1572
Il faut donc essayer de combler les 100 à 150 ans entre ces seigneurs du Noyonnais et ces "administrateurs" de petite bourgades du nord de l'Aisne.pour trouver une relation éventuelle; la généalogie de ce Curé "Belge" (veuillez excuser cet anachronisme !) peut être une piste aussi.
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